Le programme scientifique de la Chaire maritime est structuré autour de 2 axes :
 
  1. Les données et méthodes pour caractériser les activités humaines en mer
  2. L'accompagnement des démarches participatives
Ces axes constituent non pas une liste d’actions qui seront réalisées, mais plutôt un catalogue d’actions-clés qui seront activées en fonction de leur intérêt scientifique et des moyens financiers dégagés. En complément, une activité de coordination et d’animation, ainsi qu’en matière de valorisation et de diffusion sera assurée par l’équipe de la Chaire maritime.

1 - Les données et méthodes pour caractériser les activités humaines en mer

Analyser les données existantes et produire de nouvelles données sur les dynamiques des activités en mer

Cette action a pour objectif d’analyser les données géographiques existantes pour décrire les activités humaines en mer dans le cadre de la planification de l’espace maritime, et permettant de comprendre la dynamique des activités. Cela passe par des travaux tels que : états de l’art sur les données mobilisées pour représenter la dynamique des activités humaines en mer et sur les typologies d’usage, analyse critique des données, implications de l’utilisation des données (éventuels aspects financiers, juridiques, éthiques, etc.), constitution et structuration de bases de données relatives aux activités humaines en mer.
 

Proposer des méthodes et de nouveaux outils pour produire de nouvelles données ou améliorer les données existantes

Lorsque que les données n’existent pas, ne sont pas accessibles/disponibles ou ne s’avèrent pas adaptées à une utilisation dans le cadre de la planification de l’espace maritime, cette action a pour but d’identifier des voies de contournement, notamment la construction de nouvelles données à l’aide de méthodes alternatives et nécessitant parfois des développements spécifiques d’outils (interfaces de saisie, crowdsourcing, etc.). Cela passe à nouveau par la réalisation d’états de l’art sur les méthodes mises en place pour acquérir ou pré-traiter de nouvelles données. Cela consiste également à contribuer à améliorer les protocoles d’acquisition de données existants. C’est par exemple la question de l’amélioration de la compréhension des contraintes à imposer sur les plans d’échantillonnage spatialisé dans le but d’augmenter la capacité de recherche sur les sondages complexes afin de garantir un haut niveau de qualité aux données construites (e.g., données Valpena relatives aux pratiques de pêche maritime professionnelle).
 

Évaluer les impacts socio-économiques et territoriaux

Cette action s’intéresse à l’évaluation d'impacts socio-économiques et à l’évaluation des mesures ERC (séquence progressive « Eviter-Réduire-Compenser »). Il s’agit d’une part d’identifier et de tester de nouveaux outils permettant d'améliorer l'évaluation des effets induits par la combinaison de différentes activités en mer : effets directs et indirects (méthode Léontief et de Gosh), effets induits par branche par la méthode input/output, effets multiplicateurs d'emplois par branche, tests de sensibilité et analyse de risque (Monte Carlo), etc. Il s’agit d’autre part de concevoir un cadre d'analyse des interactions entre activités en mer et développement d'une méthodologie d'évaluation des effets cumulés entre activités. Enfin, des travaux pourront être menés pour concevoir, tester et développer des outils de suivi des impacts des nouveaux usages en mer sur les activités existantes.
 

2 - L'accompagnement des démarches participatives

Processus participatifs, données et représentations

En complément des travaux sur les données et méthodes, cette action a pour objet l’étude de l’utilisation des données et de leurs représentations dans les démarches participatives. Concrètement, il s’agit de voir comment les données, leurs métriques et les géovisualisations (e.g., cartes statiques, cartes animées, portails de données, etc.) qui en sont faites, sont comprises et utilisées par les acteurs. En particulier, il s’agit d’analyser le rôle des données et de leurs représentations elles-mêmes dans l’exercice multipartenarial de planification.
 

Processus participatifs et prospective

Il s’agit d’intégrer une approche prospective dans la planification de l’espace maritime. Cela consiste en l’analyse en combinant, sous différents angles d’approche, les possibilités d’implantation et de colocation actuelles et futures d’activités en mer : analyse des déterminants des pratiques (contraintes pour l’implantation, stratégies de pêche, évaluation des forces motrices telles que l’offre/demande, identification de germes de changement, etc.), analyse des plans issus des processus de planification de l’espace maritime, spatialisation des contraintes socio-environnementales pour la pratique des activités et scénarios relatifs aux évolutions possibles (hypothèses de levée de verrous technologiques, économiques, réglementaires, acceptabilité, gouvernance, disponibilité spatiale, etc.). Ces éléments reposent sur la production d’indicateurs.
 

Processus participatifs et innovations

Au-delà des données et autres dispositifs techniques, la planification de l’espace maritime repose en grande partie sur des processus participatifs dont l’objet est de construire des visions communes de la mer. Néanmoins, l’exercice s’appliquant à un espace original, la mer, avec des acteurs très diversifiés, les modalités pratiques et outils font défaut pour venir en appui aux démarches participatives dans de la planification de l’espace maritime. Cette action consiste à faire un bilan, à analyser, et si possible à faire évoluer des outils multipartenariaux (SIG participatifs, groupes de compétences, etc.) et aussi d’adapter voire d’inventer des modalités originales de participation des acteurs à la planification de l’espace maritime.